Fédération P.D.G. République Fédérale d´Allemagne

Réprésentation du Parti Démocratique Gabonais en Allemagne

posté le 14/06/11

Manuel à l’usage des opposants qui veulent devenir de bons présidents

Règle numéro 1: Ne pas confondre «politicien» et «homme politique» 

La différence sémantique peut paraître subtile, mais elle est importante. Si vous êtes guidé par l’intérêt du peuple et de vos administrés, si vous êtes sincèrement soucieux de gérer les problèmes de la ville ou du pays, alors vous êtes un homme politique. En revanche, si vous ne vous intéressez qu’au siège et à la façon d’y accéder, alors vous êtes un politicien.

 

Un homme politique est mû par ses idéaux; un politicien par son ambition. Déterminez rapidement quel type d’homme politique vous êtes et adaptez votre stratégie en fonction. Souvent, les deux types coexistent ou se succèdent chez un même individu. Tout est question d’équilibre entre l’ambition que l’on a pour soi et celle que l’on a pour son pays.

 

Celui qui débute est sans doute bien plus idéaliste et sincère qu’un vieux routier de la politique. Le cynisme croît avec l’âge, et l’homme politique qui reste trop longtemps dans l’opposition finit par perdre sa fraîcheur et ses idéaux. Il se laisse contaminer par le modèle dominant qui, en Afrique, est souvent celui du pouvoir autoritaire. Ceci explique pourquoi un jeune opposant idéaliste et frais peut faire un président conservateur et ranci. Au Sénégal, on résume cet état de fait en disant que Wade est arrivé au pouvoir vingt ans trop tard.

 

Règle numéro 2: Ne pas confondre le parti et sa chose

Créer un parti, c’est comme mettre un enfant au monde. On veut qu’il nous ressemble, on lui trouve toutes les qualités, on choisit pour lui le meilleur et surtout, on attend qu’il nous obéisse au doigt et à l’œil... Et c’est souvent là que le bât blesse. Beaucoup d’hommes politiques confondent leur parti politique et leur chose. Dès lors, il ne faut pas s’étonner qu’une fois arrivés au pouvoir ils confondent le respect dû à la fonction et l’obéissance aveugle.

 

Si vous ne respectez pas la démocratie au sein de votre formation politique, comment pourriez-vous la respecter une fois que vous aurez entre les mains un pouvoir bien plus puissant? Il faut faire un effort. C’est vrai que la vie au sein du parti est parfois des plus pénible. Il n’est pas toujours facile d’assister, stoïque, des heures durant, aux interminables palabres sur le programme politique des sections locales, ou aux débats sur la stratégie à mettre en œuvre pour récolter les fonds des paysans du Haut Bondoukou.

 

Les militants, surtout ceux qui adhèrent spontanément et paient une cotisation, se croient parfois tout permis. Ils sont exigeants et vous donnent des leçons. Mais vous devez faire preuve d’une patience infinie, car ils croient en vous et sont prêts en retour à sacrifier beaucoup. Ne négligez jamais vos militants et vos cadres. Ne leur imposez jamais vos volontés sans avoir longuement discuté. Ils auront l’impression d’un autoritarisme déplacé, et, plus grave, ils iront voir ailleurs. En période électorale, un bon directeur de campagne vaut de l’or. Demandez donc au Guinéen Alpha Condé s’il regrette d’avoir débauché chez l’adversaire son directeur de campagne en 2010!

 

Le parti doit être à la fois une machine à gagner, disciplinée et efficace, et un lieu de débat et d’idées. Si vos militants ne sont pas convaincus par votre sens du dialogue et de l’écoute, ils vous lâcheront au premier revers.

 

Règle numéro 3: Ne pas confondre conquête du pouvoir et destruction de l’adversaire

Si la guerre est la continuation de la politique par des moyens différents, comme le disait le stratège chinois Sun Zu, la conquête politique, elle, s’apparente souvent à une guerre. Peu d’hommes politiques résistent à l’idée d’écraser leurs adversaires durant la campagne électorale. Les coups descendent souvent sous la ceinture. Accusations de corruption, ethnicisation du débat, agressions verbales ou physiques; plus vous en ferez voir à vos adversaires, plus vous penserez avoir des chances de le battre. Terrible erreur.

 

Car n’oubliez pas que vos adversaires sont aussi coriaces que vous et vous rendront coup pour coup dès que l’occasion leur en sera donnée. Par ailleurs, en politique, l’adversaire d’un jour est souvent l’allié de demain —ou le contraire. Il faut donc toujours penser à mesurer ses actions afin de ne pas hypothéquer l’avenir. Les haines irréductibles gâchent parfois un mandat. Demandez à Laurent Gbagbo s’il n’aurait pas été plus avisé de rendre sa nationalité à Alassane Ouattara dès 2001.

 

Et puis, l’homme politique doit avoir la grandeur d’âme suffisante pour pardonner (à la façon de Nelson Mandela) et ne pas se comporter en revanchard. C’est une question de survie personnelle tout autant que de stature. Ceux qui laissent une trace dans l’histoire sont les Gandhi et les Mandela, davantage que les Idi Amin Dada ou les Bokassa.

 

Règle numéro 4: ne pas confondre L’Etat et sa propre personne

Depuis Louis XIV on sait que «l’Etat, c’est moi». On sait aussi que ce type de raisonnement entraîna, un siècle plus tard, la chute de la monarchie française. Il n’est pas facile de résister à cette ivresse que procure le pouvoir. Souvent en Afrique, un président possède tout, peut tout se permettre, s’offrir ce qu’il veut. Ses caprices sont immédiatement exaucés. Les femmes lui courent après et les hommes se courbent plus bas que terre.

 

Mais il faut savoir résister à cette tentation qui fait de vous l’égal de Dieu. Lorsque l’on a passé sa vie dans l’opposition et que l’on accède enfin au pouvoir suprême, l’ivresse est sans doute encore plus grande et les moyens d’y résister plus faibles. Aussi, un président soucieux du développement harmonieux de son pays devrait veiller à associer de temps à autre ses opposants à la gestion des affaires publiques en leur offrant, comme l’a fait le Sénégalais Abdou Diouf dès des les années 90, des portefeuilles ministériels. Cela donne aux opposants des raisons de patienter, d’espérer et peut-être même une certaine habitude de la gestion des affaires publiques.

 

Règle numéro 5: ne pas confondre élections et manipulation

Certes, les opinions sont versatiles. Elles brûlent aujourd’hui ce qu’elles ont adoré hier. En Afrique, l’Etat de grâce n’existe pas, ou il dure si peu que de nombreux présidents n’ont même pas le temps de savourer leur victoire. Ce n’est pas une raison pour s’empresser d’éradiquer toute forme de contestation en manipulant les premières législatives de votre mandat. S’offrir une majorité oui, se payer un Parlement à sa botte, non.

 

Les électeurs n’auront aucun respect pour un Parlement perçu comme «acheté», et vous vous compliquerez inutilement la tâche. En revanche, un Parlement où chaque parti, y compris le vôtre, est à sa place, constitue un outil fantastique pour s’assurer une certaine durée au pouvoir. Il suffit de faire endosser par ce Parlement toutes les mesures impopulaires (austérité, sécurité, impôts) héritées du pouvoir précédent. Le Parlement (ou l’Assemblée) est à la fois une caisse de résonnance et un vivier inépuisable de boucs émissaires. A vous d’agir en fonction, au gré des circonstances.

 

Règle numéro 6: ne pas confondre clientélisme et politique de développement

Un opposant, surtout en Afrique, est quelqu’un qui passe son temps à promettre. Et accessoirement, à donner le peu d’argent qu’il a récupéré ici ou là. Une fois au pouvoir, il doit tenir parole, au moins dans une petite mesure. L’homme politique crée alors un réseau clientéliste qui lui permet au passage de s’assurer une chaîne de fidélité. Le problème est de savoir faire preuve de discernement.

 

Le clientélisme ne doit pas être la seule politique de développement du pays. A force de ne servir que les siens (région, ethnie, parti, etc.) on finit vite par s’aliéner les autres. En Côte d’Ivoire, dans l’ambiance paranoïaque qui règne depuis quinze ans dans la vie politique, Laurent Gbagbo n’a fait que favoriser les groupes ethniques qui lui étaient réputés fidèles. Aujourd’hui, Bétés, Guérés et Eburnéens se terrent par peur des représailles.

 

Parfois, l’opposant arrivé au pouvoir rectifie son discours dans le bon sens. Ainsi Alpha Condé, qui a fait insidieusement campagne sur la «peur du pouvoir peul», s’est empressé d’en caser une flopée dans la haute administration et au gouvernement une fois arrivé au palais Sékoutouria. Et ce au nom du principe de l’équilibre entre les quatre régions naturelles de la Guinée, un invariant de la Guinée postcoloniale.

 

Règle numéro 7: ne pas jeter son discours et ses principes aux oubliettes

Les opposants sont souvent les meilleurs défenseurs de la démocratie —parfois jusqu’à la caricature. Mais lorsqu’ils accèdent aux plus hautes fonctions, il arrive qu’ils oublient ce passé de militant. D’Ange Félix Patassé à Abdoulaye Wade, en passant par Denis Sassou Nguesso, la liste est longue de ceux qui ont fait arrêter ou battre des opposants après avoir eux-mêmes été victimes de ce genre de traitement lorsqu’ils étaient dans l’opposition.

 

Avoir la mémoire courte est une chose, renier ses principes en est une autre.

Laurent Gbagbo, socialiste de toujours, attaché à la démocratie et la bonne gouvernance, est resté dix ans au pouvoir sans la moindre élection crédible, s’obstinant jusqu’à l’extrême à refuser le verdict des urnes. Un véritable cas d’école tant le décalage est flagrant entre le discours d’opposant et la praxis du dirigeant. 

 

Règle numéro 8: ne pas confondre la Constitution et le papier toilette

Lorsque vous arrivez enfin au pouvoir après de longues années d’attente et une série de batailles homériques, votre première envie et d’y rester le plus longtemps possible. Ecce homo… sous toutes les latitudes. Les institutions, et en particulier la Constitution, sont là pour vous empêcher de succomber à de vilains penchants dictatoriaux.

 

Cette dernière limite le nombre de vos mandats et en fixe la durée. Les verrous institutionnels et politiques devraient vous empêcher de modifier les règles du jeu. Et pourtant… En Afrique, ceux qui ont résisté à l’envie de changer la Constitution se comptent sur les doigts d’une main. Citons Amadou Toumani Touré au Mali ou John Kuffor au Ghana. Changer les règles du jeu démocratique à son profit, c’est ancrer l’idée que la démocratie se piétine chaque matin.

 

Bref, si vous voulez vous faire taper sur les doigts par les grandes démocraties, allez-y. Mais ne vous étonnez pas si un beau matin vos opposants politiques seront devenus des chefs rebelles. Et si le dialogue politique se résume dès lors à un échange de coups de canon.

 

Règle numéro 9: ne pas confondre les ors de la République et le bling-bling.

Vous souvenez-vous de Thomas Sankara? En bon révolutionnaire, il violait les codes et prônait notamment une simplicité absolue. Sankara vivait modestement et ne dépensait pas l’argent de l’Etat dans les boutiques de la rue de Sèvres, à Paris.

 

Certes, on n’est pas obligé de mener une vie de moine lorsque l’on est président, mais depuis l’affaire des biens mal acquis, mieux vaut être prudent dans l’utilisation des fonds publics. Un président modeste n’est pas forcément un président faible. Il faut absolument combattre cette tendance qui fait qu’un opposant, appauvri par les campagnes politiques, frustré de ne jamais avoir le moindre sous en poche, se rue sur le Trésor public une fois arrivé au pouvoir.

 

L’éphémère président bissau-guinéen Kumba Yallà (2000-2003), qui n’avait pas de quoi se payer un costume neuf dans l’opposition et qui exhibait dans tout Bissau des cols de chemise crasseux, s’est retrouvé du jour au lendemain richement vêtu au bras des plus belles filles d’Afrique de l’Ouest.

 

Ce qui passe en France, pays riche et développé, avec certains présidents «bling-bling», passe moins bien quand le pays a la noix de cajou comme seule ressource. Un opposant qui accède au pouvoir n’est pas condamné à ressembler à un prédateur qui vient d’attraper sa proie.

 

Mais il est parfois très difficile de résister à son proche entourage. Un témoin raconte qu’en 1993, lorsqu’Ange Félix Patassé devient président de la République centrafricaine, sa sœur et sa femme se sont exclamées «enfin riches, enfin riches!» au cours d’une réunion de famille. Quand l’accession au pouvoir devient la seule façon de s’enrichir, les principes moraux n’ont plus qu’à bien se tenir!

 

Source: Slate Afrique

 


 
 
posté le 10/06/11

Programme de la commémoration du deuxième anniversaire de la disparition du Président Fondateur par les militants PDG en Allemagne

PARTI DEMOCRATIQUE GABONAIS

FEDERATION D´ALLEMAGNE

 
 

 
 
 
SECTION DU CENTRE
 
 
 
 
 

NOTE D´INFORMATION AUX MILLITANTS ET SYMPATHISANTS P.D.G.

 

 

 

 

Camarades militantes et militants,

 

 

Le samedi 11 juin 2011 aura lieu à Giessen  une journée sportive et récréative organisée  avec la collaboration des compatriotes  résidant en Allemagne.  A cette occasion, les militantes et militants PDG en Allemagne vont ensemble commémorer le décès du  « Président Fondateur» feu El Hadj Omar BONGO ONDIMBA.

 

 

Voici le programme complet de la journée:

 

 

12h: mot de bienvenue du camarade Régis SANGABELA, Secrétaire fédéral;

 

 

12 h15-14h:Conférence débat sur le thème: « El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, 41 ans de paix et d´unité nationale»; débat animé  par le camarade Thibault Tali Lendomba,  Secrétaire de la Section Centre;

 

 

14h30: début de la rencontre de football opposant la sélections gabonaise  d´Allemagne à celle des Camerounais d´Allemagne;

 

 

17h30: Barbecue et cocktails.

 

 

Les membres du bureau Fédéral ainsi que ceux de l´ensemble des sections sont priés  d’apporter leur aimable contribution pour la réussite de l’événement.

 

 

Toute la cérémonie se déroulera au Campus universitaire de la ville de Giessen,  sis à l´adresse suivante: Studentendorf-Wohnheim Grünberger Straße, Grünberger Straße 190 -198. D-35394 Gießen.

 

Pour s´y rendre prendre le bus à partir de la gare de Gießen et descendre à l´arrêt Berliner Platz. De Berliner Platz, prendre le bus numéro 1 en direction de Rödgen et descendre à l´arrêt Heyerweg, ensuite marcher environ 5 minutes.

 

 

Pour toutes informations, contacter les camarades suivants :

 

Johann Guenael AYO ADIBET, Délégué Fédérale UJPDG

Tel : 0176-27822027

 

 

Thibault TALI LENDOMBA, Secrétaire de la section centre

Tel : 0176-81050769

 

 

 

 

 

Salutations cordiales.

 

 

 

Le camarade Thibault TALI LENDOMBA,

Secrétaire de la Section Centre

 

 

Fait à Mannheim, le 09 juin 2011

 


 
 
posté le 10/06/11

Candidature de Paul Biya aux présidentielles 2011 : le débat fait rage !

Les camerounais se rendront en théorie aux urnes en octobre prochain, pour élire à la tête de leur pays un nouveau chef. À un peu moins de quatre mois de ce rendez – vous très attendu, les tractations vont bon train sur le terrain ; tant du côté des formations politiques que de l’administration.

Egalement, la nouvelle institution chargée de l’organisation de ce scrutin (ELECAM) s’attèle au quotidien à tout mettre en œuvre pour permettre au plus grand nombre de camerounais de participer à ce scrutin. C’est ainsi que des caravanes mobiles sont dispatchées sur tout le territoire national dans des carrefours et autres lieux publics, pour faciliter la tâche aux potentiels électeurs. Cependant, malgré tous ces efforts, la participation à cette présidentielle 2011 risque une fois de plus de ne pas être considérable, compte – tenu du faible engouement des camerounais pour le vote.

Aussi, à l’exception de certaines figures plus ou moins importantes de l’opposition qui ont déjà à ce jour fait acte de candidature, les poids lourds de la politique camerounaise entretiennent encore le flou sur leur participation ou non à ce scrutin. Pour Ni John Fru Ndi, président du Social Démocratic Front (première force politique d’opposition), en l’état actuel des choses, il ne lui est pas possible de prendre part à cette compétition. Pour lui, ELECAM ne donne aucune garantie de transparence. Même du côté du parti au pouvoir, il est difficile de savoir qui sera leur plénipotentiaire à ce scrutin. Il est vrai que d’après les textes, l’actuel chef de l’Etat camerounais est le « candidat naturel » du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais).

Seulement, après près de trente ans au pouvoir, certains des adversaires politiques de Monsieur Biya pensent qu’il est temps pour lui de prendre un repos mérité; afin de permettre l’alternance au Cameroun. L’on se souvient aussi que si Paul Biya peut être candidat en cette année 2011, c’est grâce à sa modification de la constitution de 2008 ; car ce septennat était normalement le dernier, avant que n’interviennent cette modification de la loi fondamentale camerounaise. C’est ainsi que depuis quelques semaines, certains juristes camerounais estiment et soutiennent que cette modification de l’article 6 de la constitution camerounaise de mars 2008 ne pourrait pas permettre à monsieur Biya de briguer un autre mandat en cette année 2011 ; ceci, compte –tenu du principe de la « non retro applicabilité » des lois.

Pour ces derniers, monsieur Biya ne peut pas déjà bénéficier de cette modification. S’il désire être à nouveau candidat à sa propre succession, il devrait tout d’abord – disent – ils – démissionner de ses fonctions de chef de l’Etat.

Actuellement, le débat fait rage au sein de la classe intellectuelle du pays entre les pro et les adversaires de cette interprétation de la loi camerounaise. Depuis quelques semaines, cette affaire fait les choux-gras des medias du pays ; chacun y allant, suivant sa ligne éditoriale et sa sensibilité politique. Devant cet embrouillamini, les pauvres camerounais ne comprennent pratiquement rien et attendent voir quelle sera l’issu de ce feuilleton.

 

Source: come4news

 


 
 
posté le 10/06/11

Les "biens mal acquis" africains gênent la France

Les menaces liées à l'instruction judiciaire en cours sur leurs éventuels "biens mal acquis" en France n'ont pas tempéré leur goût du luxe. Les trois présidents africains visés par la plainte déposée à Paris en 2008 par l'organisation Transparence International France (TIF) pour "recel de détournement de fonds publics" ont continué depuis lors, comme s'ils se sentaient intouchables, à amasser objets de luxe et voitures d'exception.

 

Révélée par des documents dont Le Monde a pris connaissance, la liste des acquisitions effectuées récemment par les familles Bongo (Gabon), Sassou Nguesso (Congo) et Obiang (Guinée équatoriale) donne le vertige. Ces achats somptuaires prennent une dimension politique nouvelle dans le contexte des révolutions arabes où l'enrichissement personnel des dictateurs a alimenté les colères populaires.

 

Les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), mandatés par les juges d'instruction parisiens Roger Le Loire et René Grouman, ont ainsi établi qu'Ali Bongo, fils de feu Omar Bongo, a acquis en France, en 2009, une Bentley, quelques mois avant d'être élu président du Gabon, à la suite du décès de son père en juin de cette année-là. Les policiers précisent que le choix de M. Bongo, actuel chef d'un Etat dont 20 % de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour, s'était porté sur le modèle "Continental Flying speed". Ce bolide de 2,5 tonnes, capable d'atteindre 322 km/h, est facturé plus de 200 000 euros.

 

La famille de Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, n'est pas en reste : son épouse Antoinette a acquis en France, début 2010, une Mercedes classe E immatriculée "corps diplomatique". De son côté, Wilfrid Nguesso, neveu du chef de l'Etat et patron de la Société congolaise de transports maritimes chargée par Brazzaville de prélever les taxes sur les tankers de pétrole congolais, a, en octobre 2009, jeté son dévolu sur une Porsche Panamera turbo (prix constaté : 137 000 euros).

 

Mais le constat policier le plus stupéfiant concerne Teodoro Nguema Obiang, 41 ans, fils et quasi homonyme de Teodoro Obiang Nguema, 69 ans, qui règne d'une main de fer depuis 1979 sur la Guinée équatoriale et se trouve être le président en exercice de l'Union africaine (UA). Les enquêteurs des douanes ont établi qu'en novembre 2009 "26 voitures de luxe et 6 motos (…) d'occasion d'une valeur de près de 12 millions de dollars ont été acheminées à l'aéroport de Vatry [Marne] en provenance des Etats-Unis [par Teodoro Nguema Obiang] pour réexportation vers la Guinée équatoriale".

 

Le lot comprenait "7 Ferrari, 4 Mercedes-Benz, 5 Bentley, 4 Rolls-Royce, 2 Bugatti, 1 Aston Martin, 1 Porsche, 1 Lamborghini et 1 Maserati". Au total, les douaniers ont repéré "28 exportations de marchandises depuis 2008 via l'aéroport de Vatry". M. Obiang est "déjà défavorablement connu des services douaniers, notent-ils, pour une importation sans déclaration de véhicules en provenance de Suisse". En 2010, son parc automobile s'est enrichi d'une nouvelle Ferrari et d'une Bugatti dont "le prix d'achat est estimé entre 1,5 et 2 millions d'euros", ajoutent, de leur côté, les policiers.

 

Les goûts de M. Obiang junior ne se cantonnent pas aux voitures de luxe. Un signalement Tracfin, la cellule gouvernementale antiblanchiment, en date du 7 mars 2011, rapporte que le fils du dictateur de Malabo "s'est porté acquéreur de 109 lots pour un montant total de 18 347 952,30 euros [lors de] la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé [actionnaire du Monde]" organisée en février 2009 par Christie's France.

 

L'interminable inventaire des objets d'art anciens acquis laisse pantois : depuis le "taureau en vermeil" du XVIIe siècle à 298 604 euros jusqu'à la "coupe en noix de coco" à 112 724 euros, en passant par la "figure d'Hermaphrodite en bronze" à 744 716 euros. "Fait atypique", souligne la note de Tracfin, "c'est la société Somagui Forestal, société d'exploitation forestière sous le contrôle de Teodoro Obiang [par ailleurs ministre de l'agriculture et des forêts de son père], qui est à l'origine des virements ayant servi au règlement" des 109 lots d'objets d'art. D'autres documents révèlent que la Barclays Bank a, en France, géré ces transactions.

 

Les enquêteurs de Tracfin concluent logiquement : "Compte tenu des fonctions occupées par l'intéressé en Guinée équatoriale et de la particularité consistant à faire payer ses achats d'œuvres d'art par la société Somagui [dont il est le directeur], la présence de “biens mal acquis” pourrait être suspectée." La profusion d'œuvres d'art acquise par M. Obiang s'éclaire lorsqu'on découvre qu'il possède pas moins de six domiciles, dont l'un à Malibu (Californie), un autre à Ville-d'Avray (Yvelines) et un autre avenue Foch (Paris 16e).

 

Selon un témoignage cité par Sherpa, un groupe de juristes en pointe dans le dossier, cette dernière demeure s'étendrait sur quatre niveaux et comprendrait plusieurs dizaines de pièces dont "une salle à manger en corail et une turquerie en panneaux Lalique". La police attribue à la famille Obiang trois sociétés administrant ces biens dont seraient propriétaires quatre autres sociétés domiciliées en Suisse.

 

Les policiers ont aussi commencé à démêler l'écheveau des sociétés immobilières contrôlées par les familles Bongo et Sassou Nguesso. Sept entités ont été attribuées aux Bongo, dont l'une, associant feu le président gabonais Omar Bongo et son épouse, fille du président congolais Sassou Nguesso, elle aussi décédée, a permis l'acquisition en 2007 d'un hôtel particulier parisien de 18 millions d'euros.

 

Après avoir complété l'inventaire dressé dès 2007 des biens possédés en France par les trois familles visées, les juges d'instruction devraient chercher à connaître auprès des notaires et des banques l'origine, éventuellement frauduleuse, des fonds ayant permis de les acquérir. Les éléments récents établis par les policiers de l'OCRGDF, les douaniers et Tracfin témoignent de la persistance du phénomène qui a motivé cette enquête sensible, placée sous haute surveillance politique.

 

Mais les magistrats avaient besoin du feu vert du parquet pour étendre leurs investigations aux biens acquis postérieurement au dépôt de la plainte de 2008 dont ils sont aujourd'hui saisis. Le 13 avril, les juges Le Loire et Grouman ont donc sollicité un réquisitoire supplétif visant les faits nouveaux comme la Bentley d'Ali Bongo ou les objets d'arts de Teodoro Obiang. En toute logique, cette démarche n'aurait pas dû soulever d'objection du parquet, puisque ce dernier avait lui-même transmis aux juges d'instruction les notes policières et douanières compromettantes.

 

Pourtant, Michel Maes, vice-procureur de la République à Paris, qui dépend hiérarchiquement du ministère de la justice, a signifié par écrit dès le lendemain son refus de délivrer un réquisitoire supplétif. "Si l'on doutait que le parquet est le bras armé du pouvoir politique, ce refus en est le reflet absolu", tonne Me William Bourdon, avocat de TIF et président de Sherpa. Il rappelle que la France a ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption de 2003, qui fait de la restitution des avoirs frauduleux un principe fondamental du droit international. Il indique qu'il a déposé une nouvelle plainte visant les faits récemment établis.

 

De notoriété publique, l'arrêt de la Cour de cassation qui, en novembre 2010, a, contre toute attente, autorisé l'ouverture de l'instruction visant les "bien mal acquis" n'a cessé d'alimenter la colère dans les palais présidentiels de ces trois pays producteurs de pétrole et "amis" de la France.

 

Source: Lemonde

 


 
 
posté le 08/06/11

L'Allemagne traque les plagiats dans les thèses

C'est la nouvelle passion des internautes d'outre-Rhin: dénicher les plagiats dans les thèses de doctorat des dirigeants politiques ou économiques. Gare aux tricheurs!

 

Ils s'appellent Goalgetter, NoName, Cayac ou DrLektor. Ils discutent jour et nuit sur le chat d'une plate-forme Wiki, et travaillent ensemble en réseau, sans se connaître, à démasquer les plagiats dans les thèses de doctorat de personnalités allemandes, en les passant à la moulinette des moteurs de recherche.  

 

Tout anonymes qu'ils sont, ces Zorro de l'honneur universitaire n'ont cessé de faire parler d'eux depuis la démission début mars de leur première "victime": le ministre le plus populaire du gouvernement Merkel, Karl-Theodor zu Guttenberg (CSU), dont le titre de "Doktor" reposait en fait sur un travail de 475 pages... recopiées à 63%.

 

Depuis, le site VroniPlag a fait quatre nouvelles prises, parmi lesquelles la vice-présidente du Parlement européen, la libérale Silvana Koch-Mehrin, autre star glamour de la politique allemande, qui a dû renoncer à tous ses mandats - excepté, pour l'instant, celui de députée. Et de nouvelles révélations sont en préparation.  

 

Qui sont-ils, ces justiciers de la Toile? Une "community", comme ils disent, d'un bon millier de personnes, un noyau dur d'environ 50 membres actifs. Agés d'une quarantaine d'années, souvent de formation supérieure, ils arpentent le Net (et les bibliothèques) à la recherche d'emprunts illégitimes dans les oeuvres qu'ils passent au crible. Leurs conclusions sont ensuite publiées sous la forme d'un code-barres, implacable, illustrant l'ampleur de la supercherie.  

 

Un travail de fourmi pour sauver la réputation du "Doktor": "Nous voulons défendre les standards de la recherche scientifique en Allemagne, explique Goalgetter, fondateur de VroniPlag, dans une conversation téléphonique anonyme avec L'Express. Et c'est pourquoi nous travaillons avec la plus grande rigueur: un soupçon de plagiat ne suffit pas. Nous ne divulguons nos conclusions que lorsque l'imposture est avérée." 

 

Professeure à Berlin, et spécialiste du plagiat, Debora Weber-Wulff se frotte les mains: "Voilà qui va remettre un peu d'ordre dans les critères d'obtention des titres universitaires, se réjouit-elle, et faire bouger le monde de l'enseignement supérieur." Dans un pays où le titre de "docteur" est souvent la garantie d'une carrière plus rapide et mieux payée, sans parler de la reconnaissance sociale qu'il procure, les électrons libres du site VroniPlag constituent une vraie menace pour l'establishment.  

 

Une liste de 200 noms circulait récemment sur le Net, en guise d'hypothèse de travail. On y trouvait en vrac: Angela Merkel, Joseph Ratzinger, ou de brillants représentants du monde économique comme le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann. "Mais ce ne sont pas les personnes qui nous intéressent, précise NoName, nous n'examinons que leurs travaux de recherche, indépendamment de toute appartenance politique."

 

Reste que, jusqu'à présent, les cinq personnalités prises dans les mailles du filet étaient membres de la droite allemande. Un pur hasard? Les Vroniplagueurs jurent qu'ils rêveraient de s'attaquer à la thèse de doctorat d'un Vert ou d'un député du SPD. 

 

Source: L´Expresse

 

 


 
 
 

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