Fédération P.D.G. République Fédérale d´Allemagne

Réprésentation du Parti Démocratique Gabonais en Allemagne

posté le 24/06/11

Nouveau pouvoir ivoirien : Les vérités de Thabo MBeki

«Pourquoi les Nations Unies privilégient-elles les anciennes puissances coloniales sur notre continent ? », interroge l’ancien président Sud-africain Thabo Mbeki dans le présent article qu’il a à l’origine rédigé pour le Magazine Américain, Foreign Policy. Il affirme que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies a pris l’étrange décision d’outrepasser son mandat en Côte d’Ivoire en se permettant de déclarer le vainqueur de l’élection présidentielle contrairement à sa mission telle que détaillée par le Conseil de Sécurité.


Ce fait place l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) au rang de ‘’faction’’ partisane dans le conflit Ivoirien contrairement à la neutralité pacificatrice dont elle était censée faire preuve. Les africains eux-mêmes peuvent et doivent s’engager résolument dans la résolution des crises sur le sol africain.

L’erreur du monde en Côte d’Ivoire

Le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d’Ivoire a opposé deux opposants historiques, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Pour cette raison et pour l’importance stratégique de l’élection, cette bataille électorale allait inévitablement sceller le sort à long terme du pays.

Toutes les parties concernées auraient dû réfléchir profondément à cette inexorable question critique : les élections de 2010 créeraient-elles les conditions qui établiraient la base du meilleur avenir possible pour le peuple ivoirien ? Hélas ! Cela n’a pas été le cas. Bien au contraire, il y a une communauté internationale qui martelait que seule la tenue d’élections démocratiques en Côte d’Ivoire serait le gage de la résolution de la crise que le pays traversait quand bien même les conditions minimales requises en vue de la bonne tenue d’un tel exercice étaient inexistantes.


Alors même qu’ils savaient cette proposition intrinsèquement illégitime, les Ivoiriens n’ont pas pu résister à cette pression internationale et ont organisé lesdites élections. Toutefois, la réalité objective était que les élections présidentielles telles que tenues en Côte d’Ivoire n’auraient jamais dû se tenir dans les conditions dans lesquelles elles se sont tenues. En réalité, elles portaient en elles les germes d’une exacerbation du conflit qu’elles étaient censées résoudre.

Pour mémoire, la Côte d’Ivoire a été déchirée en 2002 par une rébellion qui a coupé le pays en deux parties : une partie nord contrôlée par les forces rebelles regroupés au sein des Forces Nouvelles acquises à la cause de Alassane Ouattara et une partie sud aux mains du gouvernement dirigé par Laurent Gbagbo. Depuis lors, la Cote d’Ivoire s’est retrouvée avec deux gouvernements, deux administrations, deux armées, et deux leaders ‘’nationaux’’.


Toute élection tenue dans des circonstances similaires ne peut qu’envenimer inévitablement la division de la société et aiguiser les tensions sociales nées et exacerbées du fait de la rébellion de 2002.

Les causes structurelles de la rébellion de 2002 trouvent leur fondement dans des questions sensibles dont des tensions transnationales affectant particulièrement la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, des antagonismes ethniques et religieuses en Côte d’Ivoire, le partage du pouvoir politique ainsi que l’accès au pouvoir et aux opportunités économiques et sociales.

Les griefs

La communauté internationale n’a pas su, dans un tel contexte, apprécié à leur juste valeur des critiques portant sur plusieurs allégations explosives qui, à tort ou à raison, ont alimenté et continuent d’alimenter les opinions forgées par les populations en faveur de Gbagbo dans le sud de la Côte d’Ivoire ainsi que par une forte majorité de l’Afrique francophone.

 

Il s’agit en l’occurrence d’assertions selon lesquelles Ouattara est un étranger né au Burkina Faso ; qu’il est avec le président Burkinabé Blaise Compaoré responsable de la rébellion de 2002 ; que son accession au pouvoir aboutirait à une prise d’assaut du pays particulièrement par les étrangers Burkinabé ; et que historiquement, à ce jour, il s’est toujours disposé à faire la part belle aux intérêts français en Côte d’Ivoire.

Ayant mis tous ces éléments dans la balance, l’Union Africaine (UA) a bien compris qu’un accord négocié entre les deux factions ivoiriennes belligérantes s’avérait nécessaire pour une solution durable à la crise ivoirienne sur la base des questions interdépendantes de démocratie, de paix, d’unité et de réconciliation nationale.

Ainsi, de négociations en négociations depuis 2002, les ivoiriens se sont résolus à assujettir la tenue de l’élection présidentielle aux conditions fixées. Au nombre desdites conditions figurent en toile de fond la question de la réunification du pays, le redéploiement de l’administration nationale sur toute l’étendue du territoire ivoirien ainsi que le désarmement des rebelles et de toutes les milices, suivi de leur intégration dans le creuset sécuritaire national dont le dernier processus devrait être achevé au moins deux mois avant la tenue de ladite élection présidentielle.

Malgré le fait que la moindre de ces conditions n’ait été réunie, les élections présidentielles se sont tenues. Finalement, Alassane Ouattara a été installé président de la Côte d’Ivoire. Gbagbo et son épouse Simone en sont sortis prisonniers humiliés.

Cette crise s’est surtout soldée par la mort de beaucoup d’ivoiriens ; les plus chanceux ont été déplacés, la plupart des infrastructures détruites et les animosités historiques exacerbées.

Ce qui a provoqué le désastre

Il faut attribuer à une telle fin à de nombreux non événements. Les accords relatifs à ce qui devrait se faire en vue de créer les conditions d’élections libres et justes ont été volontairement et dédaigneusement ignorées.

Le Conseil Constitutionnel Ivoirien (CC) est constitutionnellement le seul organe habilité à valider le résultat et donc à proclamer le vainqueur de toute élection et à installer le président, la Commission Electorale Indépendante (CEI) n’ayant pour mandat que de faire suivre les résultats provisoires au Conseil Constitutionnel.

Cependant, ceux-là mêmes qui insistent sur l’inviolabilité des lois en tant que fondamental à toute pratique démocratique ont été illégalement choisis pour certifier les résultats provisoires annoncés à titre personnel par le président de la CEI comme résultats authentiques et définitifs de l’élection présidentielle.

Comme le lui permettait la loi, Gbagbo a contesté la transparence des élections dans certains endroits en particulier dans le nord du pays. Le CC a, à tort ou à raison, admis la majorité des plaintes formulées par Gbagbo, identifié d’autres ‘’irrégularités’’, annulé le vote dans certaines régions et déclaré Gbagbo vainqueur.

Le président de la CEI n’a pas tenu compte des irrégularités relevées et a décidé de manière unilatérale que le véritable vainqueur était Ouattara.

L’envoyé du Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon, son compatriote Sud-coréen Young-jin Choi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies (RSSGNU) a également annoncé publiquement la victoire de Ouattara, mais sur la base d’un nombre de voix moindre que celui annoncé par la CEI, après avoir jugé recevables certaines des plaintes formulées par Gbagbo.

Concernant les voix obtenues par les deux candidats, la CEI, le CC et le RSSGNU ont fait trois déterminations différentes.

Selon Gbagbo, en vue de la résolution de cette crise qui conditionne la légitimation de l’expression de la volonté des ivoiriens, il fallait mettre en place une commission internationale en vue de vérifier les résultats des élections avec cette condition sine qua non préalable que aussi bien lui que Ouattara accepterait les conclusions de ladite commission.

 

Cette proposition a été rejetée par la communauté internationale en dépit du fait qu’elle aurait résolu ce litige électoral sans qu’il ait été nécessaire de recourir à la guerre et en dépit du fait que certains observateurs internationaux ont émis des doutes quant à la transparence des élections en particulier dans la partie nord de la Côte d’Ivoire.

A titre d’exemple, en se prononçant sur l’organisation des élections dans le nord du pays, la mission d’observation de l’UA conduite par l’ancien premier ministre togolais Joseph Kokou Kofigoh, la Société civile africaine pour la démocratie et l’assistance sociale conduite par la sénégalaise Seynabou Indieguene et la Coordination des Experts Africains en Election (CAEE) du Cameroun, du Sénégal, du Bénin, du Mali, du Maroc, du Gabon et du Togo conduite par le Camerounais Jean Marie Ongjibangte ont tous tiré la sonnette d’alarme au sujet des élections telles qu’elles se sont tenues dans le nord de la Côte d’Ivoire.

 

La CAEE s’est par exemple exprimée en ces termes : ‘’Après avoir échangé des informations avec d’autres observateurs nationaux et internationaux, nous affirmons par la présente que le second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire a été émaillé de problèmes graves dans certaines régions, en particulier celles du nord…

‘’Ces problèmes sont relatifs à des vols d’urnes, à l’arrestation des représentants des candidats, à des votes multiples, au refus d’accepter la supervision du décompte des voix par les observateurs internationaux et à l’assassinat des représentants des candidats. Eu égard à tous ces faits, nous déclarons par la présente que le second tour des élections n’a été ni libre, ni juste encore moins transparente dans ces localités du nord.’’
Le rapport de la Cedeao non rendu !

La mission d’observation de l’élection pour le compte de la Cedeao n’a pas, pour sa part, à ce jour, publié son rapport sur le second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire ! Pourquoi ? La commission internationale indépendante proposée par Laurent Gbagbo aurait dû être mise en place et habilitée à l’effet de prendre une mesure définitive et contraignante sur ce qui s’était passé. Le temps nous dira pourquoi cela n’a pas été fait !

Qui plus est, le RSSGNU a pris la résolution pour le moins étrange d’outrepasser son mandat en déclarant le vainqueur de l’élection, à contrario de ses attributions telles que fixées par le Conseil de Sécurité. Ce fait, au risque de nous répéter, place l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) au rang de ‘’faction’’ partisane dans le conflit Ivoirien contrairement à la neutralité pacificatrice dont elle était censée faire preuve à équidistance des parties en situation de belligérance. Dès lors, l’ONUCI n’avait plus d’autre choix que d’œuvrer activement à l’installation de Ouattara comme président du pays et partant, au départ de Gbagbo.

C’est cela qui, en dernier ressort, justifie l’usage éhonté par l’ONUCI de son potentiel militaire pour ouvrir la voie aux Forces Nouvelles qui ont ainsi vaincu les forces de Gbagbo et ont réussi à le capturer sous l’impudique prétexte qu’elles agissaient dans le sens de la protection des civils.

Alors même qu’elle avait obligation de faire prévaloir son mandat de pacificateur qui consistait en un maintien à égales distances des forces belligérantes, l’ONUCI n’a engagé aucune action pour stopper l’avancée des Forces Nouvelles depuis le nord du pays jusqu’au sud à Abidjan.

Ni l’ONUCI encore moins la Force française Licorne, conformément au mandat à elles fixées par les Nations Unies, n’ont aucunement protégé les populations civiles dans la région de Duékoué, où, à l’évidence, le plus grand massacre de civils a eu lieu !

Cela n’est pas sans rappeler l’échec des Nations Unies à mettre fin aux meurtres et abus les plus catastrophiques qui ont été perpétrés dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Des conclusions indiscutables

La réalité ivoirienne soulève un certain nombre de conclusions indiscutables. Les conditions convenues en vue de la tenue d’élections démocratiques en Côte d’Ivoire n’ont en aucune mesure été mises en place.

La communauté internationale a refusé de procéder à la vérification du processus électoral et a proclamé les résultats, ce, en dépit des fortes allégations de fraude électorale. Une telle attitude laisse sans réponse la question cruciale du véritable vainqueur des élections, ce que Ouattara aurait dû faire.


Usant de sa place de choix au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la France a réussi à s’assigner un important rôle dans la détermination de l’avenir de la Côte d’Ivoire, son ancienne colonie au sein de laquelle elle détient, entre autres, de prestigieux intérêts économiques. Elle s’est jointe aux Nations Unies en vue de s’assurer que Ouattara sorte victorieux du conflit Ivoirien.

 

Cela ne fait que justifier les intérêts nationalistes de la France en rapport avec sa politique de Françafrique dont l’objectif est de perpétuer une relation particulière avec ses colonies africaines. L’ancien président français François Mitterrand ne disait pas autre chose, lui qui affirmait : « La France n’aura pas d’histoire au 21e siècle sans l’Afrique », toute chose qu’a confirmé l’ancien ministre français Jacques Godfrain lorsqu’il affirmait « Un petit pays (la France) avec juste un peu de force, nous pouvons faire bouger toute une planète grâce à nos relations avec 15 ou 20 pays africains…’’

L’UA n’est pas non plus sans reproche dans la mesure où elle a failli dans son objectif de persuasion de tous les acteurs à œuvrer en faveur de la réconciliation et partant, d’une paix durable entre ivoiriens.

Aussi tragique qu’ils ont été, les événements survenus en Côte d’Ivoire creusent davantage le fossé béant du conflit endémique qui sévit dans le pays. Cela se doit au fait que le pays a fait confiance à la rébellion manquée de 2002 en lui confiant le pouvoir de décider du futur du pays alors que la situation objective imposait et impose que le peuple ivoirien, dans toutes ses composantes, s’engage dans la détermination de leur destin commun.


Gbagbo, au cours de la décennie durant laquelle il a dirigé la Côte d’Ivoire en tant que président, n’avait eu aucune possibilité d’agir comme de raison pour réunifier le pays et le réconcilier à travers toutes ses composantes en dépit de l’existence d’accords négociés dans ce sens. En dirigeant lui aussi la Côte d’Ivoire en tant que président, Ouattara ne pourra point atteindre ces objectifs, comme de raison, en dehors du cadre d’un accord honnête, sérieux, conclu avec les sections de la population ivoirienne représentée par Gbagbo.


Ce qui devait arriver a été prédit par l’ambassadeur des Etats Unis en Côte d’Ivoire d’alors, Wanda L. Nesbit qui en juillet 2009 conseillait le gouvernement américain en ces termes :
«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sine qua non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

Les victimes

Le fait que les ‘’conditions préalables à l’organisation des élections’’ n’aient pas pu être mises en place augurait de sa finalité. Le ‘’contrôle’’ du nord par les forces rebelles dont a fait mention l’ambassadeur Nesbitt préfigurait l’issue des élections présidentielles de 2010.


Similairement, il a été fait usage de la ‘’puissance militaire’’ de la rébellion, que l’ambassadeur Nesbitt a mentionnée, pour asseoir la victoire de Ouattara en tant que président de la Côte d’Ivoire. C’est donc à juste titre qu’au plus fort de la crise postélectorale, Laurent Gbagbo s’est écrié : «On m’a trahi!» En fin de compte, cette crise a fait un grand nombre de victimes. Il y a en premier chef l’Union Africaine.

 

Les événements tragiques survenus en Côte d’Ivoire ont confirmé la marginalisation de cette Union quant à son aptitude à venir à bout des plus grands défis auxquels l’Afrique se trouve aujourd’hui confrontée. Bien au contraire, l’UA a ainsi plutôt légitimé l’intervention et l’aptitude de ces grandes puissances à relever lesdits défis en faisant usage de leurs différentes forces militaires pour légitimer leurs actions de persuasion des Nations Unies à autoriser leurs propres interventions égoïstes en Afrique.


L’Organisation des Nations Unies est également une autre victime. Elle a irrémédiablement sapé son autorité en tant que force neutre dans la résolution des conflits internes tels que celui qui vient de se dérouler en Côte d’Ivoire. Il est à présent difficile pour l’ONU de convaincre l’Afrique et le reste du monde en développement qu’elle n’est pas un simple instrument à la solde des grandes puissances du monde.

 

Cela a confirmé l’urgence de la nécessité d’une restructuration de cette organisation sur la base du point de vue selon lequel dans sa structuration actuelle, l’ONU n’a aucun pouvoir pour agir en tant que véritable représentant démocratique de ses états membres.

Ainsi, les événements survenus en Côte d’Ivoire pourraient, de plusieurs manières, servir de base pour ce qui est de l’urgente nécessité de redéfinition du système des relations internationales.

Par leurs agissements, les grandes puissances ont mis à nue la triste réalité de l’équilibre et de l’abus de pouvoir en période post-Guerre froide et ont fait leur la thèse fictive selon laquelle elles respectent l’autorité de la loi dans la conduite des relations internationales, même telles que définies par la charte des Nations Unies, et que, en tant que démocrates, elles respectent les points de vue des peuples du monde.

Il faut seulement espérer que Laurent Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas de payer le lourd tribut d’abusés et de victimes d’un système global qui, dans la quête de ses intérêts, tout en criant haut et fort les droits universels de l’homme, ne cherche en réalité qu’à perpétuer la domination de la masse par un groupuscule qui a à disposition la prépondérance du pouvoir politique, économique, militaire ainsi que le pouvoir des média.

Les événements pervers et venimeux qui ont affligé la Côte d’Ivoire posent là cette question pressante: Combien de cas flagrants d’abus de pouvoir l’Afrique et les autres pays en développement du monde devront-ils encore subir avant l’avènement d’un véritable système démocratique de gouvernance globale ?

Soure: Magazine NewAfrican/Le Temps

 


 
 
posté le 23/06/11

Le président sénégalais renonce à réformer la Constitution

Face à la colère de la rue, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a renoncé in extremis, jeudi 23 juin, à son projet controversé de réforme constitutionnelle qui devait assurer son élection et le passage du pouvoir à son fils après son départ, a annoncé aux députés son ministre de la justice, Cheikh Tidiane Sy.

 

Cette réforme de la Constitution devait abaisser à 25 % le seuil minimum des voix nécessaires au premier tour pour élire un "ticket présidentiel" comprenant un président et un vice-président et ainsi assurer le maintien au pouvoir de Wade père et fils.

 

M. Sy a annoncé le retrait de cette mesure aux députés peu après l'ouverture de la séance plénière où elle devait être adoptée. Le président Wade "a pris en considération vos préoccupations" et "a pris bonne note" de toutes les réactions, "il m'a chargé de retirer ce projet de loi", a déclaré le ministre, l'air grave, suscitant des applaudissements nourris.

 

Au même moment, l'hémicycle résonnait de temps à autre de tirs de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre des manifestants qui jetaient des pierres à l'extérieur de l'Assemblée.

 

 

UNE DIZAINE DE BLESSÉS

 

Ces heurts ont fait au moins dix blessés, "dont un officier de police", selon l'Agence de presse sénégalaise. Un journaliste de l'AFP a vu un gendarme en sang, blessé par un projectile. L'ambassade de France avait invité les Français à limiter leurs déplacements en raison "des manifestations de protestation ou de soutien au projet de réforme constitutionnelle" qui "sont à prévoir aujourd'hui, 23 juin, à Dakar comme en province".

 

Jeudi, la France s'est dite "surprise" que cette réforme constitutionnelle "n'ait pas été précédée d'une large concertation". "Sur la forme, on peut être surpris qu'une réforme aussi importante, présentée à moins d'un an d'une échéance électorale majeure, n'ait pas été précédée d'une large concertation avec l'ensemble des acteurs politiques du pays", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères français, Bernard Valero, sans vouloir faire de commentaire sur le fond de la réforme.

 

L'affaire du "ticket présidentiel" a enflammé la rue sénégalaise et diverses composantes de la société : jeunes, syndicats, opposition, société civile… Des manifestations, réprimées, ont eu lieu le 22 juin dans différentes villes comme Kaolack (Centre), Ziguinchor (Sud) et Dakar. Dans la capitale, des groupes de jeunes avaient été violemment dispersés par les forces de l'ordre, qui ont interpellé un nombre indéterminé de personnes. Parmi celles-ci figurent deux rappeurs, dirigeant le mouvement Y en a marre, engagé contre les "injustices" du régime d'Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000.

 

Le chanteur Youssou N'Dour est sorti de sa réserve en dénonçant "une forfaiture" qui "hypothèque l'avenir du pays". Les Etats-Unis se sont déclarés "préoccupés", tout comme l'Union européenne, par une réforme qui risque d'"affaiblir les institutions démocratiques du Sénégal".

 

Source: Lemonde

 


 
 
posté le 23/06/11

La situation des réfugiés congolais et rwandais

Il existe actuellement 89.000 réfugiés rwandais en RD Congo disséminés entre les provinces de l’Est et du Centre et près de 53.000 réfugiés congolais actuellement au Rwanda au camp de réfugiés de Kiziba.

Tous des déplacés forcés suite aux guerres qui ont secoué la sous région depuis le début des années nonante à ce jour. Les uns ayant fui le Rwanda suite au génocide et à l’avancée des soldats du FPR durant leur conquête du pays les autres ayant dû abandonner leurs localités du Kivu en Rd Congo pour se réfugier au Rwanda suite aux différents combats entre l’armée Congolaise et les groupes armés tels que le CNDP et le RCD.

Actuellement, selon une déclaration du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies faite à Radio Okapi, organe de presse de la mission de l’ONU en RDC, environ 90% de ces réfugiés rwandais installés dans la province du Kasaï orientale, en RD Congo, seraient demandeurs de la nationalité congolaise car, selon le HCR, ils se sont intégrés, participent à la vie socio-économique locale, jouissent des mêmes droits que les congolais mais sans droit de participer à la vie politique ou aux élections.

De l’autre côté, au Rwanda, la situation des réfugiés congolais est tout à fait différente. L’intégration n’est pas vécue de la même manière. Les moyens mis en place pour leur intégration restent faibles et ces derniers ne manifestent pas le même désir de rester au Rwanda et encore moins d’en demander la nationalité. Pour ces réfugiés, l’optique du HCR est à la formation scolaire mais aussi au retour en RD Congo.

Le décor étant planté, voici « là où les romains s’empoignèrent« ! Compte tenu de la situation créée en 1997 par LD Kabila qui vit se déverser en RD Congo, alors République du Zaïre, des milliers de soldats dont beaucoup étaient des Rwandais ou rwandophones qui n’ont pas laissé un très bon souvenir aux congolais en général et aux kinois en particulier, compte tenu du ressenti des populations congolaises sur la politique étrangère de Kigali, qui crée un sentiment d’injustice face aux crimes supposés ou avérés de l’armée rwandaise ou de ses « succursales que sont des mouvements armées de libération pseudo congolais comme le CNDP et le RCD, il sera dur de faire accepter à la population congolaise comme à ses diasporas cette demande de naturalisation de réfugiés rwandais en RD Congo.

Il y a déjà eu par le passé des cas de populations rwandaises venues en territoire Zaïro-Congolais qui furent acceptées, intégrées et même placées à de hautes fonctions par feu le président Mobutu grâce à leur compétence comme ce fut le cas de Mr Bisengimana et d’autres. Cependant, le contexte était différent car il n’y avait pas de contentieux entre le Rwanda et le Zaïre. Or actuellement, le peuple congolais dans sa généralité verrait l’acceptation de Kinshasa à cette demande comme une allégeance plus qu’officielle à Kigali en le débarrassant d’une population parfois encombrante voire dérangeante.

Il est vrai que beaucoup de réfugiés rwandais en RD Congo ne demandent qu’à pouvoir retourner chez eux mais dans le cadre d’un dialogue inter rwandais garantissant leur intégrité. Un dialogue en demi teinte voire biaisé car répondant d’abord aux attentes du régime de Kigali seul. Car comment comprendre que d’un côté les réfugiés congolais aspirent à retourner chez eux et les réfugiés rwandais à demander une naturalisation? Ce qui sous entend qu’ils doutent de l’intégrité de leur vie une fois au pays et de la sincérité du dialogue inter rwandais.

Naturaliser ces populations, c’est peut-être allumer à nouveau une autre bombe à retardement que le peuple congolais n’a plus du tout envie de voir exploser à sa figure après avoir fraternellement ouvert sa porte à ses frères des Grands Lacs dans les années 60, 70 et 80. La liberté et les droits dont ils jouissent actuellement sont suffisants pour mener une vie paisible et stable. Mais de là à demander la nationalité, il est une frontière symbolique à ne pas franchir.

Les blessures encore ouvertes dans la conscience collective du peuple congolais ne peuvent nous permettre le luxe d’octroyer ce droit à une population « extra frontalière », pour ne pas utiliser le terme étranger, même au nom de la paix sociale et des droits de l’homme et des réfugiés, d’acquérir la nationalité congolaise dans ces temps troublés que nous traversons encore en tant que Nation Congolaise. Ce n’est pas le bon moment et ce n’est pas la bonne demande… de la part du HCR.

 

Source: M’BUZE Momi/Jambonews
 


 
 
posté le 23/06/11

Sénégal: Peur sur Dakar

Depuis qu’Abdoulaye Wade a décidé de faire adopter par l’Assemblée nationale un projet de réforme constitutionnelle, le Sénégal est sous haute tension.

 

Pour la dix-septième fois depuis 2000, Abdoulaye Wade a soumis aux députés un projet de loi modifiant la Constitution sénégalaise. Une proposition qui vise à élire le président de la République et le vice-président en même temps lors des prochaines élections de février 2012. Mais elle supprime également de fait le second tour, en permettant l’élection du «ticket» avec seulement 25% des suffrages exprimés. Une mesure qui maintient le pays en haleine depuis une semaine.

 

En réaction à ce qu’il qualifie de «forfaiture», le député-maire de Saint-Louis Cheikh Bamba Dièye s’est enchaîné le 21 juin aux grilles de l’Assemblée nationale pour dénoncer ce projet de loi. Un geste spectaculaire diffusé en boucle par les télévisions privées dakaroises, et qui a frappé les esprits.

«Je m'opposerai, jusqu'à la dernière énergie et de la manière la plus ferme et la plus vigoureuse, contre le projet de loi 2011/864 qui porte atteinte à notre démocratie, décrédibilise nos institutions et nos acquis démocratiques et entame la stabilité de notre pays. La désobéissance civile est la seule alternative qui nous reste», indique-t-il après son coup d’éclat.

 

Un «commando invisible» en embuscade

Des groupes révolutionnaires appelant au coup d’Etat et à l’insurrection se sont créés sur les réseaux sociaux. L’un d’entre eux, «Touche pas à ma Constitution» est l’œuvre d’un groupe qui se fait appeler Commando invisible de libération du Sénégal (Cils) dirigé par un mystérieux «sous-commandant Kocc Barma» et qui s’inspire clairement du fameux «commando invisible» d’Abobo mis en place par feu Ibrahim Coulibaly pendant la crise ivoirienne.

 

Sur son mur Facebook, le Cils indique:

«Le Sénégal nous a tout donné. Il est temps de lui témoigner notre patriotisme. Le pays va mal. Tous dans les rues pour une délégation spéciale au Palais. Manifestons notre rejet de la loi 2011/864 de la manière la plus forte».

Un autre groupe du même nom a fait du départ de Wade son leitmotiv. Animés par des personnalités en vue dans le pays, ces deux groupes prennent visiblement comme modèle système d’organisation des révolutions arabes via les réseaux sociaux.

 

Appel à l’Insurrection et au coup d’Etat militaire

Macky Sall, l’ancien Premier ministre tombé en disgrâce en 2008 et actuel président de l’Alliance pour la République (APR, opposition) est allé plus loin en demandant à l’armée de prendre ses responsabilités.

Sur la même lancée, Kantara Coulibaly, un commandant de la gendarmerie à la retraite, soutient que l’armée se rangera du côté du peuple:

«Je m’adresse à mes chefs de l’armée, il est temps qu’ils prennent leurs responsabilités, ils doivent anticiper sur la situation. Les jours à venir, le peuple sortira dans les rues et si Wade ne retire pas ce projet de loi il y aura un bain de sang. La troupe se rangera du côté de la masse, je vous l’assure, cette armée ne tirera pas sur le peuple».

Dans la même dynamique, Amath Dansokho de la coalition Bennoo Siggil Senegaal lance un appel à l’insurrection:

«Nous travaillons au soulèvement de la population. Ce qui prime c'est le départ de Wade. Nous irons jusqu'à l'insurrection et nous appelons le peuple entier. Nous allons amplifier l'offensive contre Wade».

Même son de cloche chez son camarade Moustapha Niasse de l’Alliance des forces de progrès:

«Que les renseignements disent à Wade, nous allons instaurer un rapport de force parce que le pays ne lui appartient pas. Nous demandons à Wade de mettre une délégation spéciale au Palais»

 

Alioune Tine, président de la Rencontre africaine des droits de l’homme et initiateur du front «Touche pas à ma Constitution» a été l’objet de menace de mort. Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue africaine des droits humains a saisi la Fédération internationale des droits de l’homme pour alerte.

 

«Nous avons appris des informations selon lesquelles un plan de liquidation serait en cours, notamment en ce qui concerne Alioune Tine. Nous savons que chaque fois que la société civile s’érige en rempart contre des intentions de cette nature comme celles que nous vivons aujourd’hui, elle est la cible des gouvernants», a-t-il regretté.

 

L’artiste-compositeur Youssou N’dour, d’habitude très peu prolixe sur le débat politique, a demandé au président Wade de ne pas brûler le pays sur l’autel de ses ambitions personnelles:

«Dans un contexte marqué par une situation sociale durement ressentie par les populations, il me semble plus indiqué d’apporter des solutions aux problèmes actuels que de prendre date avec des ambitions personnelles susceptibles de plonger notre très jeune République dans le chaos. Je ne vois aucune cause qui justifierait une telle forfaiture. C’est pourquoi, j’appelle le pouvoir et l’opposition, mais surtout le pouvoir, à la raison et à prendre conscience de sa responsabilité devant Dieu et les hommes. Ce Sénégal est le nôtre, nul n’a le droit de le brûler», déclare le chanteur dans un communiqué.

Les jeunes du Mouvement Y’en a marre, le Front «Touche pas à ma Constitution», l’opposition, la société civile et diverses associations religieuses se sont donnés rendez-vous ce jeudi 24 juin pour exiger le départ du président Wade. Une mobilisation sans faille et une radicalisation qui ont obligé le ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom à autoriser toutes les manifestations prévues.

 

Les Etats-Unis contre Wade, la France soupçonnée de connivence

La situation politique au Sénégal a poussé l’ambassade des Etats-Unis à condamner le projet de loi instituant un ticket à l’américaine. Ainsi, dans un communiqué, Marcia Bernicat indique que les Etats-Unis sont du côté du peuple: «Je dis ce que dit le peuple».

 

Si la position des Etats-Unis est claire, tel n’est pas le cas de la France, que beaucoup d’observateurs accusent de vouloir adouber le projet de dévolution dynastique du pouvoir. Des soupçons que la poignée de main de Deauville et le voyage de Wade à Benghazi ont fortement conforté, en ce sens que ce sont des actes interprétés au Sénégal comme un deal entre Wade et Sarkozy, qui se donnent mutuellement des gages.

 

Lundi Macky Sall a appelé les autorités françaises à garder la neutralité dans les affaires intérieures du Sénégal et à se mettre du côté du peuple sénégalais plutôt que de soutenir un clan.

 

«Je lance un appel au président de la République française, monsieur Nicolas Sarkozy. Qu’il ne soit pas abusé par le pouvoir sénégalais et les rapports qu’on peut lui présenter, mais qui ne lui donneront pas la réalité. Nous ne souhaiterions pas que par les interprétations et les manipulations qui sont en train d’être faites, on puisse faire croire au peuple sénégalais que la France n’est pas du côté de ses intérêts vitaux, mais qu’elle puisse agir pour le compte d’un clan», a affirmé l’ancien président de l’Assemblée nationale du Sénégal, devenu un des plus farouches opposants au régime d’Abdoulaye Wade.

 

Source: Slate Afrique

 


 
 
posté le 22/06/11

RDC - Des électeurs de 12 ans

La République démocratique du Congo abrite 68 millions d’habitants. En théorie, le nombre d’électeurs est bien inférieur à ce chiffre. Mais bientôt, le nombre d’inscrits sur les listes électorales pour les élections présidentielle et législative de novembre 2011 pourrait battre des des records. La campagne d’inscription sur les listes électorales est en cours, mais des fraudes ont déjà été dénoncées.

 

En effet, après enquête, la Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) a constaté:

«Bon nombre d’enfants de moins de 18 ans se font enrôler pour voter lors des élections de novembre 2011», rapportait Kongo Times le 22 juin 2011.

Le 20 juin, France 24 mentionnait également des fraudes dans la région de Katanga, à l’est du pays. Sur son site, la chaîne montre même un enfant d'une douzaine d'années arborer une carte d’électeur officielle. Celle-ci fait mention d'une date de naissance étrange: 20 avril 1993, soit 18 ans au moment de l’inscription sur les listes électorales. Des observations similaires touchent la capitale Kinshasa, affirme mediacongo.net.

 

Depuis 1997, les Congolais n’ont plus de carte d’identité, celle-ci ayant été annulée à la chute de Mobutu. Seulement, rien ne l'a remplacée. Pour prouver leur identité, les habitants doivent présenter une attestation de perte de pièce d’identité. C’est ce même document qui sert de justificatif à l’élaboration des cartes d’électeurs.

 

Selon le Kongo Times, ces attestations seraient délivrées sans vérification des registres d’Etat civil, contre de l’argent. Des agents de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) interrogés par le journal et chargés de l’enrôlement au centre Ango-Ango dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa confirment la rumeur.

 

C’est à la demande du président de l’Assemblée provinciale, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, un partisan de l’actuel président congolais Joseph Kabila, que les cartes d’électeur auraient été délivrées à des mineurs, selon France 24.

 

Pour la Fondation Bill Clinton:

«Les autorités municipales doivent mettre un terme à la délivrance des attestations de perte des pièces aux mineurs et demande à la Ceni de tout faire pour que les enfants mineurs en possession des cartes d’électeur puissent être empêchés de voter par un contrôle strict»

La communauté internationale porte en effet un vif intérêt au déroulement de l’élection congolaise, craignant un scénario à l’ivoirienne.

 

Source: Slate Afrique

 


 
 
 

Ajouter un commentaire

Pseudo : Réserve ton pseudo ici
Email :
Site :
Commentaire :

Smileys

 
 
 
Rappel article