Trois personnes, dont Augustin Katumba Mwanke, considéré comme l’éminence grise du président de la République démocratique du Congo et deux membres d’équipage américains, sont mortes dimanche dans l’accident de leur avion à Bukavu (est), a-t-on appris de source aéroportuaire. |
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« Il y a trois morts : deux membres d’équipage américains et un passager », M. Katumba Mwanke, a déclaré un responsable à l’aéroport de Bukavu, ajoutant que l’avion transportait 8 passagers. Le ministre congolais des Finances Augustin Matata Ponyo, le gouverneur du Sud-Kivu (est) Marcelin Tshisambo et Antoine Ghonda, ancien « ambassadeur itinérant » du président Kabila, qui se trouvaient dans l’avion, ont été blessés, certains grièvement, a indiqué une source à la présidence. Le conseiller du président Kabila et le pilote « ont été tués sur le coup », avait indiqué auparavant la présidence. L’appareil - un bi-réacteur Gulfstream 200 - venu de Kinshasa via Goma (est), a raté l’atterrissage, il s’est posé « au milieu de la piste et est allé terminer sa course dans un ravin après la piste. L’avion est endommagé », selon le responsable de l’aéroport. « La météo était bonne, je pense que c’était une mauvaise appréciation (de la piste) parce que c’est la première fois que ces pilotes arrivent ici à Bukavu », a-t-il ajouté. L’accident s’est produit vers 14H00 locales (12H00 GMT). Les blessés ont été hospitalisés. Le ministre des Finances se trouvait dans un état « grave », selon une source à la présidence. Le gouverneur du Sud-Kivu a « les jambes fracturées », selon le responsable de l’aéroport. Ingénieur de formation, M. Katumba Mwanke, 48 ans (BIEN 48 ANS), avait été réélu fin 2011 au Katanga (sud-est) député du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir), dont il a été l’un des membres cofondateurs. Dans un rapport d’experts de l’ONU sur l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses en RDC, publié en 2002, M. Katumba Mwanke était décrit comme membre d’un « réseau d’élite congolais et zimbabwéen ayant des intérêts politiques, militaires et commerciaux (qui) cherche à garder la mainmise sur les principales ressources naturelles (...) dans la zone (de la RDC) tenue par le gouvernement ». Le rapport précisait alors que « ce réseau a transféré des actifs représentant au moins 5 milliards de dollars du secteur minier public à des entreprises privées qu’il contrôle, sans verser aucune indemnité ni prestation au Trésor public ». Les experts avaient placé M. Katumbe Mwanke sur une liste de personnes contre lesquelles ils avaient recommandé une « interdiction de déplacement » hors du Congo, le « gel de leurs avoirs personnels » et une « interdiction d’accéder au système bancaire ». À l’époque ministre délégué à la présidence, en charge du portefeuille de l’État, il avait été suspendu de ses fonctions fin 2002 par M. Kabila qui l’avait nommé en 2004 « ambassadeur itinérant » à la présidence. M. Tshisambo, battu à la députation fin 2011, était conseiller politique du président Kabila jusqu’à son élection en 2010 à la tête de la province du Sud-Kivu. M. Matata Ponyo est ministre des Finances depuis début 2010. Les accidents d’avion sont fréquents en RDC, et toutes les compagnies aériennes du pays - une cinquantaine identifiées - figurent sur la liste noire de l’Union européenne, qui leur a interdit son espace aérien. Source: AFP |
Sous
la Haute présidence de Son Excellence le président de la République,
chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, le Conseil des Ministres s’est tenu
hier à 10 heures dans la salle habituelle au Palais de la présidence de
la République. |
A l’entame des travaux, le Conseil des Ministres s’est réjouit de la participation très active de Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat, au 18ème sommet des Chefs d’Etats de l’Union Africaine, qui s’est tenu, du 28 au 30 janvier 2012, à Addis Abeba en Ethiopie.
Le Conseil a pris acte de la décision des Chefs d’Etats de prolonger pour six (6) mois, le mandat du Président, du Vice-Président et des Commissaires de la Commission de l’Union Africaine (UA) suite au blocage constaté dans le processus électoral quant à la désignation du Président de la Commission, conformément à la charte de l’Union Africaine. Le Conseil des Ministres, tout en se félicitant du score réalisé par notre compatriote Jean PING lors des trois (3) tours du scrutin, réaffirme l’adhésion de Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat et du peuple gabonais aux principes d’unité et de cohésion prônés par l’Union Africaine.
Sur un tout autre plan, et s’agissant de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2012) que notre pays co-organise avec la République sœur de Guinée Equatoriale, le Conseil se félicite de l’engouement et de l’adhésion totale des Gabonaises et des Gabonais quant à la réussite de ce grand évènement et les exhorte à communier davantage avec notre équipe nationale « LES PANTHERES » tout en réservant un accueil des plus chaleureux et fraternel aux délégations des pays frères et amis à l’image de la légendaire tradition d’hospitalité tant reconnue à notre pays.
AU TITRE DES PROJETS DE TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
MINISTERE DE L’ECONOMIE, DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DU TOURISME
Sur présentation du Ministre, le Conseil des Ministres a approuvé deux (2) projets d’ordonnance : 1°) projet d’ordonnance portant modification de certaines dispositions de la loi n° 004/2006 du 12 Septembre 2006 portant création du Fonds d’Entretien Routier de Deuxième Génération ; 2°) projet d’ordonnance portant réorganisation du Fonds pour les Générations Futures.
S’agissant du premier texte, pris en application des dispositions de la loi n° 025/2011, il modifie les articles 5 et 11 de la loi n° 004/2006 portant création du Fonds d’Entretien Routier de Deuxième Génération (FER 2) qui devient Fonds Routier (FR).
Ce nouveau Fonds comportera désormais deux (2) guichets distincts :
Le capital du Fonds Souverain de la République Gabonaise (FSRG) est alimenté par : • un prélèvement de 10 % sur les recettes pétrolières annuelles prévues dans la loi de finances ; • 50 % de toutes les recettes budgétaires additionnelles correspondant à un dépassement des hypothèses de base de la loi de finances annuelles ; • les dividendes du portefeuille des participations de l’Etat ; • la totalité des produits financiers générés par le Fonds ; • les dons et legs. Une fois le capital minimum atteint, le Fonds est alimenté chaque année par • 25 % des revenus générés par ses placements ; • Toutes les recettes pétrolières additionnelles correspondant à un dépassement des hypothèses de base de la loi de finances de l’année précédente. Après libération totale du capital minimum du Fonds, 75 % des revenus sont reversés une fois par an au Trésor Public et constituent une ressource du budget de l’Etat. Le Fonds Souverain de la République Gabonaise (FSRG) comprend : • le Conseil d’Administration ; • la Direction Générale ; • l’Agence Comptable.
MINISTERE DES TRANSPORTS
Le Ministre a présenté au Conseil, qui l’a adopté, le projet
d’ordonnance portant Code de l’Aviation Civile de la République
Gabonaise qui prend en compte :
• le renforcement de la sécurité du transport aérien national et
international, réaffirmé par la communauté internationale à travers
l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) ;
•la nouvelle politique aéronautique africaine définie dans le cadre de
la « Déclaration de Yamoussoukro », relative à l’accès au marché du
transport aérien intra africain depuis son adoption en 1999 ;
• les conventions internationales dans les domaines de la sécurité et de
la sûreté de l’aviation signées et ratifiées par le Gabon ;
Ce projet de loi introduit de nouvelles règles qui portent sur :
MINISTERE DE L’ECONOMIE, DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DU TOURISME DIRECTION GENERALE DES IMPÔTS CONSERVATION FONCIERE
Conservateur : Monsieur Pascal ESSANGA en remplacement de Monsieur Michel MPEGA.
Source: Agence Gabonaise de Presse |
Depuis quelques semaines, la presse africaine tient ce qu’il est convenu d’appeler la chronique de la résurgence de la question touareg au Mali. Au fil des jours et des semaines, on se fait l’écho des attaques et des contre-attaques entre l’armée malienne et les combattants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Au passage, on décrit les circonstances dans lesquelles,( conséquences de cette instabilité dans le nord du Mali), certaines communautés de ce pays se font attaquer et chasser à Bamako même.
Bien que cette approche factuelle ne soit nullement condamnable, il faut dire qu’il est particulièrement étonnant de constater que l’on oublie si vite l’origine immédiate de cette nouvelle crise, à savoir le conflit libyen. Une crise libyenne que l’Afrique a vécue comme un spectacle et dont les conséquences sont loin de se limiter à ce que nous vivons aujourd’hui au Mali.
Pour le colonel Mouammar Kadhafi, la page s’est définitivement refermée le 20 octobre dernier. En se faisant tuer ce jour-là, il en finissait définitivement avec les contradictions et les soucis de son existence de révolutionnaire; mais pour bien d’autres, les choses n’ont commencé que ce jour-là.
Il en est ainsi de la problématique touareg qui refait surface au Mali. Aujourd’hui, des experts en tous genres usent leurs méninges à trouver les raisons qui ravivent un conflit que l’on croyait éteint pour de bon. C’est à croire que ces raisons ne sont pas trop évidentes. Le combat que les hordes touareg mènent actuellement contre l’armée malienne n’a rien d’identitaire. Il est existentiel.
Il s’agit d’hommes et des femmes qui, estimant ne pas pouvoir trouver de quoi vivre chez eux mêmes, avaient décidé d’aller voir ailleurs. Le hasard les conduit alors en Libye où ils trouvent de quoi mener une existence à l’abri de l’indigence. Mais un beau jour, leur quotidien devait subitement être bouleversé.
Plus parce que sa tête ne plaisait plus à certains que parce qu’il gérait mal son pays, le colonel voyait se lever contre lui une armée mondiale. L’issue fut tragique. Et pour les touaregs accusés à tort ou raison de s’être rangés du côté du perdant, c’est la chasse aux sorcières, c’est le vandalisme, c’est le pillage des biens et c’est le retour forcé. Retour d’émigrés démunis, pleins d’amertume mais puissamment armés. La crise était inévitable.
Et pendant qu’aujourd’hui c’est la société malienne qui est menacée par une guerre civile à forts relents ethnocentristes et que le processus électoral jadis prometteur, est plus que compromis, on n’entend aucune des puissances qui étaient intervenues en Libye, reconnître leur part de responsabilité. L’ONU même qui avait offert le quittus à l’intervention, à travers la fameuse résolution 1973, est particulièrement muette.
Au Mali et à tous les autres pays sur lesquels se déversent actuellement les conséquences de cette crise libyenne de les gérer. Les autres avaient pour mission de tuer Kadhafi. Celle-ci accomplie, ils se sont retirés et tant pis pour le reste. Pauvre Afrique !
Et c’est là que se manifeste la responsabilité des dirigeants africains. Eux qui avaient laissé faire,ils avaient naïvement pensé que cela se limiterait à Kadhafi seulement. Eh bien, ils se sont dangereusement trompés. Parce qu’en réalité, la crise malienne ne sera certainement la seule conséquence fâcheuse que l’Afrique aura à déplorer, suite à son incapacité à se faire respecter par le monde entier.
Déjà, le fiasco enregistré lors de l’élection du président de la commission de l’Union Africaine, est également à mettre au compte de ces conséquences malheureuses et regrettables. Car la gestion calamiteuse de l’interventionnisme occidental dans les crises ivoirienne et libyenne par Jean Ping est l’élément fondamental de l’inimité absolue que l’Afrique du sud éprouve à son encontre.
Source: GuineeConakry.info
Il est temps d'invoquer les ancêtres. Eux seuls peuvent faire lever les Panthères. Alors, ces supporteurs soufflent dans une corne jusqu'à vider leurs poumons. Le son - plus supportable que celui d'une vuvuzela - est censé réveiller les anciens. Dans un stade qui sent la peinture fraîche et la sueur, ou dans les mapanes ("les bas quartiers") de Libreville, toutes les forces sont bonnes à prendre. Dans quelques minutes, l'équipe nationale du Gabon "part en guerre" sur ses terres tropicales.
Depuis le 21 janvier, cette petite nation de 1,5 million d'habitants accueille la Coupe d'Afrique des nations (CAN) avec son minuscule voisin, la Guinée équatoriale. Pour ces deux pays, c'est une grande première. Alors pas question de gâter ("gâcher") ce rendez-vous avec l'histoire. Jusqu'ici, les Panthères de la sélection gabonaise ne faisaient pas vraiment peur à leurs adversaires.
Mais le 23 janvier, les joueurs entraînés par l'Allemand Gernot Rohr ont étonné en battant le Niger (2-0) dès leur premier match. Ils ont impressionné, quatre jours plus tard, en sortant l'un des favoris, le Maroc (3-2). Et mardi 31 janvier, ils ont encore donné un coup de griffe à leur rival du soir, la Tunisie (1-0). Premiers de leur groupe, les Panthères disputeront leur quart de finale le 5 février à Libreville contre le Mali d'Alain Giresse, l'ancien sélectionneur... du Gabon et ex-coéquipier de Gernot Rohr à Bordeaux.
FIERTÉ D'ÊTRE GABONAIS
Les victoires ont rendu les Gabonais hystériques. Dans les rues sombres de la capitale, les jeunes comme les vieux se jettent au sol et se roulent sur les trottoirs fatigués. On s'embrasse, on s'asperge de bière. Et dans les travées du tout nouveau Stade de l'Amitié sino-gabonaise, c'est le délire national. Dès les premières notes de l'hymne, les quelque 35 000 supporteurs gabonais - sur les 40 000 places -, bras tendus, chantent d'une même voix. Et à chaque but, les puissants cris de joie pourraient disperser les derniers nuages sur Libreville. La fierté d'être gabonais s'entend, se voit, se sent. C'est d'ailleurs écrit sur le maillot des Panthères : "Gabon d'abord".
Une hystérie collective qui contraste avec le calme régnant dans les rues de la capitale quand la sélection ne joue pas. Car hormis les Panthères, les autres équipes n'intéressent guère. Le 23 janvier, après la victoire du Gabon sur le Niger, le stade s'est quasiment vidé pour l'affiche de ce début de CAN entre le Maroc et la Tunisie. Et quand l'écran géant du centre-ville diffuse des matches ne concernant pas le Gabon, difficile de croire que le pays abrite la plus grande compétition du continent. "Ah, il y a une CAN en ce moment ?", ironise Tchanilé Banna, l'ancien entraîneur du Togo, venu en simple spectateur.
"Les Gabonais sont des saint Thomas, ils attendent de voir pour croire, reconnaît le général Jean-Boniface Asselé, 73 ans, propriétaire du club de l'USM Libreville et oncle d'Ali Bongo, le président de la République. Ils ne croyaient pas que les travaux pour la CAN allaient se terminer à temps, ça explique ce retard à l'allumage." La capitale est toujours en chantier. Il faut dire que les travaux ont commencé il y a seulement un an, quatre ans après l'attribution de la compétition. "Jusqu'au dernier moment, les Gabonais doutaient. Aujourd'hui, ce n'est pas prêt, mais c'est à peu près", assure François, contrôleur à l'Agence nationale des grands travaux qui demande l'anonymat de peur de se faire "virer".
Le Complexe omnisports Omar-Bongo, situé au coeur de la ville, qui devait accueillir des matches, n'est toujours pas achevé. C'est dans ce décorum en ferraille, au milieu des grues et autres tracteurs, que s'entraînent les Panthères. Pas de public, juste des ouvriers. Ici, la poussière a remplacé les fumigènes et le bruit des scies à métaux le chant des supporteurs.
Le stade de l'Amitié sino-gabonaise, à Agondjé, au nord de la ville, n'était quant à lui pas prévu. Mais le "grand frère" chinois en a hâté la construction. Des centaines d'ouvriers sont venus de l'empire du Milieu travailler jour et nuit pour finir en moins deux ans une arène qui possède la plus grande arche en métal d'Afrique.
Ils n'ont toutefois pas pu finir les hôtels jouxtant le stade. Le parking est encore sous le sable. Et la veille du match d'ouverture, des ouvriers - africains cette fois-ci - plantaient encore des palmiers. Dans la ville, trois échangeurs ont été livrés peu avant le match d'ouverture et ont pu éviter de justesse des embouteillages qui auraient paralysé Libreville.
"Si l'autre (Omar Bongo) n'était pas mort (en juin 2009), jamais on n'aurait eu la CAN", assure Claude Josin, 45 ans, un habitant du quartier populaire PK 8. Il remercie toutefois Ali Bongo, qui a succédé à son père à la tête du pays, d'avoir accéléré les travaux. "Mais tout a été précipité, souffle-t-il. Regardez autour de moi : pensez-vous que ça ressemble à ça, la fête du foot ?" Son quartier ressemble davantage à Port-au-Prince après le tremblement de terre de 2010. Sur des kilomètres, le long de la nationale 1, les maisons proches de la route ont été détruites ou éventrées, il y a trois mois, lors de l'opération "Libérez les trottoirs".
"Le peuple est très en colère", s'insurge un responsable politique qui préfère garder l'anonymat de peur de "sauter au prochain conseil des ministres" : "Il y a une compétition à deux vitesses, celle de la ville et celles des bas quartiers." Seul le bord de mer a été modestement rhabillé aux couleurs de la CAN. Les quartiers populaires semblent avoir été oubliés. "Nous n'avons omis personne, se défend Joël Lehman Sandoungout, coordinateur général adjoint du Comité d'organisation de la CAN. Quand je suis arrivé, il y a onze mois, j'avais presque une feuille blanche devant moi, on devait faire vite." Le comité a changé plusieurs fois de dirigeants, ce qui a ralenti l'organisation du tournoi.
Les étrangers - africains -, qui peuplent en masse Libreville, ont été, eux, refroidis par les contrôles de police avant la CAN. "Ici, les étrangers sont les Noirs", argue Doudou, un Malien qui vit au Gabon depuis une vingtaine d'années. La nuit, dans les quartiers, comme à Montagne Sainte, des militaires, M16 à l'épaule, font des rondes. "C'est vrai, nous avons été un peu rigoureux, reconnaît Jean-Boniface Asselé, ancien chef de la police et ministre des sports de 1970 à 1989. Mais il y a eu le drame de l'Angola (lors de la CAN 2010, le bus du Togo avait été mitraillé, tuant deux personnes). Ça bouge en Afrique du Nord, il y a l'islamisme. On ne pouvait pas prendre de risque. C'est peut-être pour cette raison que cette compétition manque un peu de chaleur."
Car il est hors de question pour le pouvoir de rater sa CAN. L'Etat compte sur l'événement pour montrer au monde un "Gabon émergent" qui table sur une croissance de 5,6 % cette année grâce à son pétrole et à son bois. Et pour faire oublier que le pays est détenu depuis près d'un demi-siècle par la famille Bongo. Quand les Panthères jouent, c'est "jour férie, jour payé" pour les fonctionnaires. Les vacances scolaires ont été décalées pour que les étudiants puissent suivre la compétition.
Discrètement, des chefs de quartier ont reçu des billets pour les distribuer aux habitants. Le Parti démocratique gabonais au pouvoir a aussi offert des tickets, distribués des pagnes aux couleurs du pays pour les femmes et facilité le transfert au stade.
Près du stade Omar-Bongo, des jeunes font la queue devant un restaurant, non loin du domicile de Patience Dabany, la "mama" du président, qui se balade en ville en... 4 × 4 Porsche Cayenne. Ils espèrent qu'elle donnera à "ses enfants" le fameux sésame pour aller encourager leur équipe. Malgré tous ces efforts, les arènes ne débordent pas, ni dans la capitale ni à Franceville.
PAS D'EFFET CAN
A plus de 500 km à l'est de la capitale, Franceville, 56 000 habitants, la cité d'Omar Bongo, accueille aussi des matches. Le 31 janvier, près de 15 000 personnes (sur les 20 000 places) sont allées ovationner le Gabon face à la Tunisie. Trois jours plus tôt, ils n'étaient que 5 000 pour voir le Botswana affronter la Guinée et le Ghana se mesurer au Mali. La faute au prix des places ? La moins chère est à 5 000 francs CFA (7,6 euros), mais à partir des quarts de finale, il faudra compter au moins le double. Pas donné quand on sait que le salaire moyen des Gabonais est de 150 000 francs CFA.
Surtout, se rendre à Franceville est une épreuve. En voiture comme en train, il faut compter au moins douze heures depuis Libreville. En avion, ce n'est que cinquante minutes mais l'aller-retour est à 200 000 francs CFA.
L'opposition se demande où sont passés les 400 milliards de francs CFA (609 millions d'euros) investis dans cette "demi-CAN". "En plus, il n'y a aucune retombée économique pour les commerçants locaux", s'offusque l'avocate Paulette Oyane-Ondo, une militante des droits de l'homme. A Libreville, sur les marchés, dans les petites boutiques, chez les vendeurs de brochettes ou de journaux, tous déplorent pour l'instant l'absence d'effet CAN.
"Nous, on l'a vu, l'effet CAN. Notre vie a empiré", lance Arnold Moubagou, 27 ans, qui travaille et vit à la décharge publique de Mindoubé de Libreville, une immense colline de déchets d'où s'échappe de la fumée. "Depuis le début de la compétition, les déchets n'arrêtent pas d'augmenter." Ce soir, le Gabon affronte le Maroc.
Dans la décharge, certains portent le maillot des Panthères ou une perruque aux couleurs du pays. Avec des gants troués, ils récupèrent des bouteilles en plastique ou en verre, mais aussi des drapeaux du Gabon et des affiches de la CAN. "On les accroche sur nos maisons, lâche Jean Eji Nguema, un copain d'Arnold. Personne ne pense à nous mais avec le foot, on se sent vivre."
Source: Le Monde/France
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